C’est par un après-midi du mois d’août que j’ai eu la chance de rencontrer ma belle amie Johanne Fontaine à son domicile. C’est une Johanne naturelle et posée qui m’ouvre la porte. Je sais, difficile à croire mais oui, Johanne est parfois cette femme à l’énergie tranquille. Plusieurs récidives à son actif mais toujours bien vivante.

Pour vous remettre dans le contexte, en mars 2010, elle apprenait qu’elle avait le cancer et le médecin lui donnait seulement deux ans à vivre. Presque sept ans plus tard, elle est toujours ici avec nous pour notre plus grand plaisir. Entrevue cœur à cœur avec une femme formidable !

« Ton attitude physique va te donner ton attitude mentale ! »
– Johanne Fontaine

Johanne me confie qu’elle est persuadée d’être à la fin d’un cycle de sept ans et que contrairement aux autres récidives, celle-ci est plus éprouvante. Une récupération plus lente, des difficultés physiques mais elle se rassure en se disant que la vie lui envoie un message clair : il est maintenant temps de t’apaiser et d’avoir confiance. De prendre du temps pour soi et de prendre le temps de savourer la vie.

Est-ce que tu crois que la fin de ton cycle est un signe que la nouvelle Johanne doit émerger ?

Je ne sais pas si c’est une nouvelle Johanne mais c’est une Johanne qui est transformée, en évolution ou évoluée. Lorsque tu es malade pendant plusieurs années, tu ne peux pas vivre ta vie, mais moi, j’ai eu la chance d’être propulsée par une énergie qui est à l’intérieur de moi. Une des grandes peines que j’ai dans ma vie c’est de ne plus jouer, de ne plus être actrice, c’est un deuil que je n’arrive pas à faire. Je suis également déçue car la maladie me limite et ça joue sur le mental.

C’est exactement ce que tu mentionnais dans le Journal de Montréal en 2014, ressens-tu encore cette même émotion aussi intensément ?

OUI ! J’aimerais faire ce deuil mais je me questionne : si je fais le deuil, ça signifie que je ne jouerai vraiment plus mais en même temps je ne joue plus en ce moment ! La maladie a fait en sorte que j’ai dû choisir mes luttes.

Est-ce que le fait de ne plus faire de télé va t’obliger à avoir un tout autre rôle, un rôle pour éveiller des consciences, faire des conférences, etc ?

OUIII ! C’est tout à fait ça et je dois l’accepter. Mais je suis rendue dans ma vie à aller dans des formations personnelles pour avoir des connaissances approfondies et pouvoir les transmettre.

Un peu plus tôt tu parlais de l’énergie qui t’habite. Mais d’où elle vient cette énergie ?

J’essaie d’avoir une théorie là-dessus ! Je crois que le fait d’avoir eu la chance de faire du théâtre, de l’improvisation, m’a beaucoup aidé. Lorsqu’on entre en scène, nous devons ressentir la bonne énergie pour habiter notre personnage. Je pense que tout le temps de ma maladie, c’est ce qui m’a aidé. Il y a quelque chose d’inexplicable, c’est l’énergie et la lumière que j’ai en moi. Ce que je peux expliquer, c’est que j’habite mon corps pour aller chercher l’énergie qu’il me faut pour faire ce que j’ai à faire. « The show must go on » !

Est-ce que tu crois que le temps que la maladie t’oblige à prendre te fait prendre conscience de ta vulnérabilité pour, par la suite, le transmettre aux femmes et leur dire: « C’est correct d’être vulnérable » ?

Tout à fait ! Mais je ne sais pas comment je vais le sortir. En ce moment, j’ai beaucoup de difficulté avec le fameux « Tout est parfait ! ». Mais je me dis OK la vie en ce moment ne fait pas ton affaire mais tout est bien organisé car ça me permet de travailler sur mes programmes, mes conférences, etc. Je dois m’apprendre ce que je tente d’apprendre aux autres. C’est ma partie féminine qui doit prendre soin de moi et en ce moment la vie m’oblige à le faire.

« Je souffre en ce moment. Ce fut vraiment une opération difficile celle-là »

Et pourquoi ne pas le vivre tout simplement ?

Oui le vivre, c’est vrai, mais ma difficulté en ce moment est de ne pas être en représentation.
Je suis en processus de vie et non de mort. Nous avons une pulsion de vie à l’intérieur de nous qui est inimaginable. Nous devons aller dans notre imaginaire, lâcher prise et ne pas prendre pour acquis tout ce qu’on entend. Tu dois croire en quelque chose que ce soit avec le cancer, avec la dépression, peu importe ce que tu vis. Choisir à qui l’on donne le premier rôle, ce qui te définira.

Nous sommes plus que des mots, que des définitions. Nous sommes quelque chose qui ne s’explique pas. Nous ne sommes pas défini par la maladie, autour de ça, il y a quelqu’un !

Dans un moment d’émotion palpable, elle me lance : « Je pense que je suis une personne pleine de contradictions à l’intérieur. Il faut que je sois calme mais en même temps il y a tellement de tempêtes a l’intérieur de moi. Il y a des moments où je n’ai pas envie d’entendre des trucs sur les vibrations ou le fameux « It’s ok, it’s a process », mais en même temps, c’est apaisant de croire que tout est parfait.»

« L’essentiel n’est pas de redevenir comme avant, ce qu’il faut faire, c’est garder qui je suis maintenant avec ce que j’ai vécu. Il faut adopter une hygiène de vie pour cesser l’auto-sabotage. Utilise l’imagination, la créativité, la prière, l’hypnose, la méditation, le rire, invente-toi tout ce que tu veux pour t’aider. Travaille ton tonus et ta flexibilité car ça apporte aussi dans la tête et le cœur. »

« Fais le quart de ce que tu dis. Essentiellement, fais confiance au travail que tu fais et au bout du compte, il va arriver quelque chose. »

Johanne Fontaine
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http://www.johannefontaine.com/

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Claudine Rainville
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Claudine Rainville

Dynamique, authentique, possédant un humour particulier, Claudine sait mettre les gens à l’aise. Maman de 4 enfants entre 21 et 8 ans, elle a touché une multitude de métiers (en passant d’éducatrice à monteuse de structures d’aéronefs, de bibliotechnicienne à enseignante-ressource et éducatrice spécialisée auprès d’une clientèle d’enfants autistes, de secrétaire à mécanicienne d’orthèses plantaires et plus encore!) qui lui ont donné une expérience de vie peu commune.
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Comments
  • Anita Mckenzie
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    Je suis contente d’avoir connue ce site j’ai toujours besoin de grandir intérieurement je lis ce témoignage et cela me donne des outils pour continuer de vivre en harmonie avec moi -même et mon entourage arrêter de me battre lâcher prise pour enfin trouver vivre avec moi même s’aimer soi même pour aimer les autres voilà il y a toujours des hauts et des bas être capable d’accepter ce qui nous arrive …Merci!pour ce Beau partage de Johanne et les autres ❤️☀?