Lorsque je reviens d’un soin merveilleux, je suis en état d’introspection et de réceptivité.  Je suis habitée d’un grand désir de laisser libre cours à ma créativité. Remplie de gratitude, je flotte dans la béatitude et mon âme désire sincèrement contribuer.  J’aime toucher le cœur des gens en laissant couler ma plume dans l’océan de mes expériences.

Aux petites heures du matin, j’ai laissé couler ce flot et je me suis laissé transporter.  J’ai choisi d’élaborer sur la vie qui coule en vous plongeant au cœur de sa dualité, soit la vie lorsqu’elle nous quitte.

Je vous partage en toute humilité ma propre expérience du sujet pour vous inspirer et qui sait, faire naître en vous une réflexion sur le sens de votre propre vie.

Des perles de sagesse

J’ai eu le privilège d’accompagner un être cher marchant vers la mort. Il peut vous apparaître bien loufoque de me voir utiliser le mot privilège, mais je vous assure qu’en ce qui me concerne, c’est le terme le plus approprié.

J’en ai retiré des perles de sagesse et un savoir-être qui teintent depuis ma manière d’être en relation avec les autres. J’ai appris l’importance de célébrer la, et ma vie. Pour y arriver, j’ai dû tenir une profonde réflexion sur la mort en compagnie de mon soi adulte et de ce petit enfant, nanti en chacun de nous, lorsque j’ai perdu mon ange, mon guide, ma mère.

L’apprentissage le plus riche pour m’aider à marcher sur le chemin de la plus belle version de qui je suis présentement, fut également le plus souffrant.  Cette grande leçon du DÉTACHEMENT si difficile à assimiler, a influencé considérablement le cours de mon existence.  Comme la maman oiseau qui pousse du bec son bébé oisillon en bas du nid pour qu’il arrive à voler de ses propres ailes, je fus poussée hors de ma zone de confort pour arriver à faire l’expérience de ce que je suis profondément.  Cette expérience m’a martelé, a forgé ma sensibilité, m’a amené à me déployer en tant qu’humaine, et a fait germer des valeurs fondamentales qui imprègnent maintenant mes créations.

Ma douce maman m’a enseigné la vie jusqu’à son dernier souffle.

Je me suis retrouvée dans un monde complètement déroutant. Quel étonnement de constater qu’une chose aussi incontournable que la mort ne soit pas mieux préparée.  Ça m’a profondément bouleversée et m’est venu le désir d’y faire une différence.

Au-delà des pré-arrangements funéraires que nous préparons à l’avance pour ne pas embarrasser nos proches, et outre les blagues parfois un peu lugubres sur le sujet de ce que nous vaudrons une fois devenu mort, avouez que nous rions tout de même un peu jaune !

C’est comme si nous vivions sans vouloir vraiment élaborer sur le sujet ! Nous sommes convaincus qu’en parlant de la mort, nous allons disparaître, nous volatiliser ou mourir tout simplement plus rapidement !

Quand j’ai traversé cette épreuve, je tentais d’aller puiser des ressources d’accompagnement par le biais de mon amour des livres afin de soutenir au maximum celle qui m’avait bercée de tant de tendresse.

J’ai eu beau préparer mon mental par anticipation, j’ai fini par comprendre que seul mon cœur et ma foi pouvaient me guider. La petite grande fille que j’étais devenue a donc mis de côté sa peine, sa tristesse et ses peurs de petites filles afin de maximiser qualité de présence et don de soi, en implorant tout de même un peu l’Univers de lui donner cette capacité de goûter à cette sensation de temps qui se fige, pour l’obtention d’un sursis afin d’emplir et me faire remplir d’amour par cette âme soleil qu’était ma mère.

Cette peur de solitude

Ce qui fut le plus difficile pour moi à ce moment, c’était le sentiment d’impuissance à la voir souffrir.  Mais j’ai compris que la douleur ressentie par mon impuissance à la voir souffrir était égale à la souffrance qu’elle ressentait à me voir souffrir d’impuissance.

Ma douce maman est restée 7 mois à l’hôpital avant de mourir !   J’ai donc fait un « BAC » d’observation et de sensibilité. J’ai côtoyé cette peur de solitude qui peut envahir les gens mais découvert une expression encore plus élevée de cette peur, la peur d’être esseulé, état dans lequel nous nous retrouvons parce qu’il n’y a plus personne autour de nous pour nous accompagner, personne pour nous tenir la main dans certains passages de la vie si importants.

Ça me déchirait le cœur de les voir seuls ! Certains me confiaient avoir des enfants et petits-enfants qu’ils n’avaient pas vus depuis des années.  J’aurai aimé trouver une solution pour eux et je me disais que ma mère devait absorber tout comme moi, les énergies d’anxiété de ces personnes esseulées.

Faire une promesse

J’en aidais quelques-uns et j’allais parfois tenir des mains. Je réalisais également que j’étais moi-même en train d’enseigner puisque je faisais participer mes enfants qui m’accompagnaient. Je revêtais mon plus beau sourire malgré mon chagrin et j’écoutais les histoires et confidences. Je sais que j’étais en train de rassurer également ma mère sur l’importance de l’héritage qu’elle me léguait, puisqu’elle assistait fièrement de son petit lit d’hôpital au spectacle de mon âme en plein service.

J’ai rencontré des gens merveilleux, courageux, qui face à une situation où la mort était inévitable, ont laissé tomber leurs masques et ont laissé leurs âmes se dévoiler sans détour et sans pudeur. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de connaître et de passer du temps avec la beauté des âmes qui se manifestent dans toute leur pureté.  Et croyez-moi, c’est difficile par la suite de retrouver cette qualité chez les personnes côtoyées, puisque la majorité d’entre nous, portons un masque inconsciemment !

J’ai choisi de poursuivre par la suite dans ce domaine d’accompagnement afin de soulager la souffrance humaine.  J’ai même prononcé solennellement le serment d’Hippocrate la main sur le cœur ! Prononcer un serment, c’est faire une promesse et la tenir.  Je souhaite sincèrement y faire honneur et le respecter pour le reste de ma vie, peu importe le moyen utilisé pour soulager et apaiser.

Ce fut vraiment une expérience unique d’en apprendre davantage sur le sens et la profondeur de ma propre vie. Tellement de personnes souffrent d’anxiété !  Particulièrement face à la mort.

Les gorges se nouent à l’approche du grand saut vers l’inconnu. Je me suis souvent demandé si ce serrement de gorge ne nous provenait pas de la sécheresse de notre relation avec la vie ! Et cette grande source d’amour qui devrait tous nous unir à nos proches, n’était-elle pas tarie par notre soif de pouvoir, de domination et de bien matériels ?

Les émotions se côtoient et s’entrechoquent dans ce type de moments, mais malgré cela, on se doit d’accueillir la mort avec respect et la reconnaître comme faisant partie intégrante de la vie.  Je suis désolée de vous l’apprendre maintenant, mais nous n’avons absolument aucune forme de contrôle sur cette finalité à laquelle nous sommes tous confrontés.  Si une chose est certaine, c’est que nous mourrons tous nous-même un jour ou l’autre.

Comprendre le sens de ce passage complexe risque de nous amener à nous buter à un silence qui ne peut être comblé que par la foi en quelque chose de beaucoup plus grand. Il existe un grand plan que nous ne sommes peut-être pas en mesure de comprendre maintenant, mais il existe bel et bien et il est bien-là.

Je crois que le plus grand défi lorsqu’on accompagne une personne est de garder un regard lucide sur celle-ci. Les mourants, sont grandement diminués physiquement.  Il faut alors être conscient de la personne dans sa totalité.  Ce corps physique malade est aussi celui d’un être qui a été jeune, qui a été fort et qui a vécu.

Un cadeau inestimable

Personnellement, je suis très fière d’avoir confectionné un cadeau rempli d’amour et de lumière que j’ai appelé la couverture de la vie, pour relever ce défi d’aider les autres à voir au-delà.  Je les fais pour ma douce maman mais aussi pour chaque personne qui aurait à approcher ou côtoyer ma mère.  Je m’y suis prise en imprimant sur du papier transfert sur tissu, des centaines de photographies de sa vie que j’ai transféré ensuite en les repassant une à une sur cette couverture. Je voulais qu’elle sente qu’on était tous présents avec elle, même la nuit et que nous pouvions l’envelopper et la réconforter sur son lit d’hôpital au long de ce processus difficile.

Je trouvais également insupportable qu’on pose un regard sur ma douce maman comme si elle n’était qu’une vieille femme mourante.  Je voulais qu’on la voit comme moi je l’avais vue toute ma vie : une Grande Dame avec un grand G et un grand D, rien de moins !  Je voulais qu’on voit son essence au-delà de ce corps abîmé et rongé par le cancer.   Je voulais qu’on voit la belle femme qu’elle avait été, la mère exceptionnelle, la grand-mère merveilleuse, l’artiste peintre talentueuse, cette femme bonne et dévouée qui avait fait toute la différence dans la vie des siens.  Elle avait eu droit au chapitre et j’estimais grandement qu’elle était en droit de le conserver jusqu’à son dernier souffle.

Cette expérience de vie m’a permis d’élever ma conscience au-delà de ma petite importance. J’ai saisi que si je n’avais pas de lumière en moi pour contribuer au monde qui m’entoure, j’aurai peur, le moment venu, d’avancer vers la mort parce que je serai habitée d’une impression d’avancer dans le noir.

Le passage!

J’ai compris l’importance de me remplir de lumière par mes actions quotidiennes parce que ce plein de lumière me guide également et me dit quoi faire afin de rendre ma vie utile et saura éclairer le pavé lorsque mon tour viendra de franchir ce passage.

Réfléchissez-y ! Il serait bien triste, une fois sur votre lit de mort, de regretter de n’avoir rien fait et de vous sentir insatisfait d’avoir vécu une vie mal remplie.

N’oubliez pas ! L’âge auquel on meurt n’est qu’un chiffre.  J’ai vu des gens se laisser mourir à 25 ans malgré qu’ils n’aient été enterré qu’à 80 alors que d’autres n’ont pas encore disparu même s’ils ont été enterré il y a longtemps !

Retenez que les gens qui approchent de la mort avec le plus de sérénité sont ceux qui ont vécu avec le plus d’intensité et de certitudes intérieures.  Ils ont appris, au contact de la vie, qu’une force plus grande qu’eux les attendait de l’autre côté !

Boire à la source de la vie nous enlève la crainte de traverser le fleuve de la mort.  N’attendez plus un seul instant pour vous abreuver.  Manifestez toute la beauté de la lumière qui coule en vous.  Nous sommes privilégiés d’être en vie et de jouer dans ce grand jeu qu’est la vie.  Célébrez la vie qui se manifeste.  Oubliez les différents et les disputes inutiles qui vous séparent des vôtres.  Pardonnez, aimez, même vos ennemis.  Souriez entre vous, prenez le temps de vous visiter ! La vie a une date d’expiration.

Remplissez-vous de lumière : de joie, d’amour, de passion, d’humour, de découverte, de tout ce qui vous élève. Ce tout sera le plus puissant antidote à l’anxiété du grand saut et cela vous donnera l’énergie nécessaire pour le réaliser plus facilement.

JUST BE les amis… avec le plus d’amour et de lumière possible.
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Natalie Côté
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Natalie Côté

Travailleuse autonome, infirmière auxiliaire et fière d’avoir depuis quelques mois rejoint les rangs de la formidable équipe d’Happy Productions, je suis une maman de 4 enfants mais surtout une fille bien simple, ayant du vécu et une certaine expertise en relation aidante pour avoir travaillé auprès de milliers de personnes atteintes de cancer et pour continuer toujours d’accompagner des personnes lors de différentes transitions, également en fin de vie.
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Showing 13 comments
  • Monique Ladouceur
    Répondre

    Bonjour Natalie,
    Ce texte, très bien écrit, apporte une réflexion très importante sur notre vie et celle du passage obligé qu’est la mort. Merci de nous le partager.

    • François Lemay
      Répondre

      Bonjour Monique, effectivement, ce texte de mon amie Natalie nous invite à une réflexion profonde sur nos vies…. C’est gentil ton commentaire, elle a apprécier 🙂

    • Natalie Côté
      Répondre

      Bonjour Monique !

      Je te remercie beaucoup pour ton commentaire. Très heureuse que tu aies apprécié la lecture de mon texte. Je te souhaite une excellente journée.

  • Helene MaLa
    Répondre

    Magnifique texte qui me fait beaucoup réfléchir sur la vie mais aussi sur l’expérience que je vis actuellement (l’accompagnement de ma maman dans cette terrible épreuve qu’est le cancer).
    Merci pour ce partage qui me regonfle d’énergie pour accompagner ma maman au mieux. Merci beaucoup.

    • François Lemay
      Répondre

      Wow.. je suis heureux que le partage de mon amie Natalie Côté et membre de mon Happy Team t’es donné des ailes pour mieux accompagner ta maman.. Profites bien de ton expérience et du temps que la vie te donne avec elle…. Elle a besoin de tout ton amour pour faciliter ce grand passage.. Fais le plein d’amour d’elle et remplie la d’amour.. Ce plein saura de faire pousser tes ailes et t’accompagner pour la suite des choses et lui fera pousser des ailes à son tour..

  • Gaétane Paquet
    Répondre

    J’ai adoré ton texte. J’ai aussi vécu cette belle expérience avec mes deux parents, entre autre. Et au travers ces moments si difficiles, nous passons des moments tellement extraordinaires, ce sont les plus vrais de toute nos vies. A chaque fois que j’ai accompagnés des gens en ces occasions, j’ai toujours apprécié la vérité, l’authenticité, et tu m’emmènes vers une question très personnelle. Pour une 2eme fois j’ai reçu l’appel de faire ce bénévolat, et je ne sais toujours pas ce qui me retient…….
    Désolée je continue ma réflexion, mais merci pour ce beau partage.

  • Sue periard
    Répondre

    Je vis un peu la même chose avc maman et merci car ça me réconforte de voir que nous ne sommes jamais seules et même si parfois j’ai les larmes, ça fait partie du processus de la vie!!!

    Je garde tjrs mon sens de l’humour car ça me tient bien vivante et j’espère ne jamais le perdre!!

    • François Lemay
      Répondre

      Courages Sue… Effectivement, tu n’es pas seule… Ça peu nous apparaître malheureux mais ce passage fait partie également de la vie.. Bravo pour ton courage d’accompagner ta maman vers ce voyage…. Je t’envoies plein d’amour mon amie…

  • Nancy
    Répondre

    Passage! J’adore ce mot. Merci!

    • François Lemay
      Répondre

      J’avoue que Natalie écris toujours les mots adéquats…. Merci d’apprécier son article… Elle aime bien lorsque ces partages font résonance..

  • Anne
    Répondre

    Il y a plus de 14 ans moi et ma famille avons accompagné ma mère dans son cancer et son passage vers cet autre monde. J’étais plus ou moins à l’aise mais c’était correct, on a jamais été très proche elle et moi mais après son décès j’ai souvent rêvé à elle, elle venait me laisser des messages dans mes rêves mais je sais que c’était beaucoup plus que des rêves, elle était vraiment avec moi et ça me faisait du bien.

  • Nathalie
    Répondre

    WoW, c’est tellement ça! J’ai vécu la même chose en juin dernier. J’al’impression que j’aurais pu écrire moi même ce texte. Merci Nathalie, ton texte me fait du bien. Tout est toujours parfait 👌 merci encore 💕🎈🌸

    • François Lemay
      Répondre

      Bonjour Nathalie, merci pour ton commentaire…. Heureux que le texte de Natalie t’aies apporté du réconfort.. Elle sera heureuse de lire ton commentaire.. Merci de ton partage 😉