Écrire sur le thème de l’ego est un défi. En écrivant ces mots, déjà le mien s’agite. Ses fidèles partenaires entrent immédiatement en service. Mon mental me bombarde des pensées qui me détournent du présent.  Soudainement, l’envie de faire du ménage s’empare de moi. « Je suis un imposteur… je suis un imposteur…je n’ai pas les connaissances ». Le train est parti.  Ce sont de lamentables répétitions  et de fausses programmations. Les croyances associées à mes expériences passées refont surface.

Je ne me présente pas ici en spécialiste. Je ne suis ni psychologue, ni thérapeute. Comme vous, je suis parfois sous le joug des limitations auxquelles je me suis identifié. « Être ou ne pas être, telle est la question »  écrivait  Shakespeare.

Mais à quoi bon sert-il ? Dans sa grande bonté, l’univers a-t-il commis une erreur ? Je constate que nous sommes nombreux à l’accuser de biens des soucis. Du moins, les plus grands.

L’ego est une forme d’identité illusoire.

Je me raconte des histoires sur moi-même. J’y crois. Je deviens un personnage. Je suis lui. Il sait tout sur moi. Il a installé en moi un processus qui produit un sentiment d’individualité. « Par lui, avec lui et en lui », je développe la conviction d’être autonome et indépendant. Ses programmations sont tenaces !

Avoir un ego fait pourtant partie de notre évolution. Il semble que dès l’âge de sept ans, il soit constitué. N’est-ce pas incontournable de grandir ? Le défi n’est pas qu’il existe. Le problème se pose lorsqu’il nous éloigne de notre capacité de présence et de se voir différemment. « Je suis ce que je suis, point à la ligne » nous fait-il dire. C’est comme s’il y avait un instinct de survie qui nous commande de se fondre en lui. Il nous dicte que nous ne pourrons nous défaire de son emprise. Son expression favorite d’introduction est « oui, mais… ». Il arrive à nous imposer ses conditions du fait qu’il a une longue histoire.

L’ego est constitué par de nombreuses composantes.

Nos éducations parentales et scolaires sont aux premières loges. Viennent ensuite les influences de nos environnements sociaux et professionnels qui nous imprègnent de codes et d’us et coutumes. Nous apprenons les bonnes manières de faire les choses. S’ajoutent nos expériences, avec nos réussites et nos échecs. Nous les interprétons d’après des références que nous n’avons pas établies. Nous les considérons comme des vérités immuables. « Je le sais, je l’ai déjà vécu » nous rappellent nos pensées. La mémoire des blessures non-résolues aiguise notre sensibilité. Cette malheureuse confusion attise nos peurs. Elles sont tantôt rationnelles ou tantôt irrationnelles. Nous en arrivons à ne plus mettre en cause le bien-fondé de nos interprétations lorsque les expériences répétées mènent aux mêmes résultats. Toute remise en question est alors considérée comme non pertinente. Nous créons nos propres dogmes ! « À prendre ou à laisser », se dit-on.  Notre ego devient le juge en chef de notre Cour Suprême. Et pourtant, le juge ment…Il n’a pas écrit l’histoire, il en raconte une.

L’ego établit un confort d’une apparente stabilité.

Tant qu’il sert un équilibre, souvent temporaire, tout va bien. Pourtant, il est fragile. Il est comme les vagues d’un océan. Il navigue à la surface,  instable au moindre vent et à la prochaine marée. Il arrive que la tempête soit d’une telle puissance, qu’il s’effondre. Pour l’humain, c’est un drame.

La crise identitaire se présente. Le choix peut être de retourner dans le connu, le domaine privilégié de l’ego. Une sortie de zone de confort s’avère une solution qui le rebute. L’inconnu le déstabilise. Lorsque la douleur d’un statu quo devient insoutenable, alors une fissure apparaît dans l’engrenage. Une chance se présente. Celle de vivre le moment présent, autrement. L’espace d’un possible renouveau se glisse. Il nous appartient d’emprunter cette nouvelle voie. Alors notre libre arbitre s’active et nous permet d’y faire face. Chacun décide selon sa conscience et son degré d’acceptation vis-à-vis de la situation. Nous connaissions la blague « de pète et de répète » n’est-ce  pas ? C’est fou comment l’humour peut neutraliser tout enjeu du passé. Le moment présent propose plutôt le jeu !

Mais qu’advient-il de l’ego si j’honore l’appel de l’inconnu ? Est-il voué à disparaître? Pouvons-nous l’effacer d’un claquement de doigt ? Je ne le crois pas. Il nous présente une identité illusoire, comment pouvons-nous la détruire ? Combattre une illusion par une autre est de l’ordre de l’ego lui-même. Plus nous tentons de le combattre, plus il s’agite. La peur qui engendre la peur, c’est sa nourriture. L’ego persistera jusqu’à la dissolution de son emprise. Un sujet qui suscite une très longue attention. Mais pour l’instant, que faisons-nous de cet emmerdeur ? Personne n’est venu en sourdine le semer à l’intérieur de nous. C’est comme s’il s’était auto-généré pour nous aider à vivre, ou plutôt à survivre à nos expériences.

L’identité à laquelle nous tenons tant a pris possession de nous. Nous sommes devenu son instrument. Par la force de notre mental et de nos pensées, l’ego génère des idées fausses qui nous contrôlent. C’est par la prise de conscience de ce fonctionnement qu’il perdra son emprise. La compréhension de cette dynamique nous permet une présence accrue à nous-même et à notre environnement.

L’ego est sans doute un outil qui a servi à notre évolution.

C’est un catalyseur. À travers nos diverses expériences de vie, il a aussi permis que nous mettions en scène certaines de nos qualités, et  certains de nos dons. À cet égard, il est aussi un allié. Nous pourrions dire qu’il est un ami imaginaire et trompeur. Heureusement, nous avons en nous des formes d’intelligences, physiques et émotionnelles, qui nous indiquent qu’un malaise demande notre attention. Souvent nos états conflictuels intérieurs sont de bons indicateurs. La liste est longue, dont la culpabilité et les peurs par exemple. Nous connaissons bien tous ces défis qui nous entraînent à nous inculper de toutes les fautes. En fait l’ego est un  faiseur de trouble qui nous ramène constamment au : «  Moi, moi, moi, oui mais ». Toutefois, rappelons-nous de ce qu’il a permis de développer en nous. Il nous appartient de mettre à profit ces mêmes qualités, ces mêmes dons au service d’une nouvelle page de notre histoire. Notre conscience nous invite à lui répondre : « désolé, j’ai failli croire que tout ce théâtre ne peut exister que selon ta version. Maintenant je choisis autrement ! ». L’essentiel est que notre véritable nature émerge. Le choix est nôtre.

L’ego abaisse notre fréquence. Pour le contrer, il est nécessaire d’augmenter notre rythme vibratoire. C’est bien ce qui se produit par la méditation, et la contemplation, entre autres. Les options sont multiples. C’est par la discipline d’une pratique assidue que nous arrivons à atténuer son pouvoir. C’est ainsi qu’il devient plus facile pour nous d’utiliser notre énergie à élever la personne que nous sommes, plutôt que de se battre contre des moulins à vent.

La patience et la tolérance, ou quelles que soient les qualités qui ont été mises à votre profit durant le règne de l’ego, sont des atouts. Il y a un élan positif à canaliser nos forces acquises au service d’un nouveau projet plus harmonieux. Notre équilibre en dépend. L’ego n’a ni créé nos dons, ni nos qualités. Il les a utilisé puisqu’ils sont présents depuis toujours. Il a ses fonctions. Il a permis une mise en perspective de nos atouts à travers nos expériences respectives. Il n’ y a que le mouvement, et l’ego en est aussi un instrument. Un autre outil qui tôt ou tard vous amènera à être votre propre maître d’œuvre. Ses faiblesses sont nombreuses et subtiles à détecter. Elles nous invitent à être plus vigilance. L’ego est une alarme qui nous éveille par ses dualités incessantes. Il invite notre conscience à la justesse de toutes nos expressions. Il mérite notre attention et réclame le meilleur de nous-même. Il est nécessaire de le démasquer. Toutefois, plutôt que de lutter contre lui avec acharnement, offrons lui notre parole authentique !

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Louis Bertrand

Louis Bertrand

La vie est un grand voyage. Après quelques années et de multiples leçons, il quitte l’université pour l’expérience de la grande école. Il porte dans son bagage des connaissances variées de psychologie, de philosophie et de théologie. Une véritable passion le pousse à observer le fascinant univers des comportements humains. Poussé par une curiosité et un élan vital d’apprendre, il s’intéresse à de multiples formations. Rapidement, il touche une corde sensible etla vie l’amène à suivre son instinct. L’univers du monde de la spiritualité devient vite pour lui un terrain de jeu. Animé par un autre intérêt profond, il combine la première aux voyages. Son travail d’agent de bord lui permet de fouler le sol de multiples pays. Cette heureuse combinaison lui apporte un bon équilibre. D’un continent à l’autre, il poursuit son éducation. Impliqué dans de multiples organisations, il retient que tous les humains, au- delà de toutes les frontières, sont animés par l’unique pulsion d’aimer et d’être aimé.

Au fil de ses escales,ses rencontres constituent l’essentiel de ce qu’il apprécie.Il choisit aujourd’hui de partager ses expériences, et ses quelques connaissances. Ouvrir le dialogue pour offrir et accueillir l’éternel mouvement. Tout change. Il souhaite le meilleur, celui d’un nouveau monde dans lequel nous sommes à la fois le maître et le disciple de soi-même.
Louis Bertrand

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Showing 2 comments
  • Johanne Bernier
    Répondre

    Oh my God!!! Je lis et relis..
    Pas facile de comprendre. J’ai déjà lu la dessus, mais mon égo ne doit pas vouloir que j’y arrive.

    • François Lemay
      Répondre

      Alors continues à lire Johanne, tu finiras par saisir et comprendre le sens de tout cela…. Ne laisses pas ton égo gagner 🙂

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