Quand j’avais 25 ans, j’étais un gars trippant qui appréciait la vie. Je vivais sans attache, me laissais porter de gauche à droite selon mes humeurs et je vivais l’instant présent sans me poser trop de questions. J’essayais tout ce qui, à première vue, me semblait cool et j’avais la conviction que si je voulais faire quelque chose, personne ne pouvait m’en empêcher et qu’en plus, j’avais tout pour réussir et être le meilleur. J’étais Superman!

Mais derrière ma fausse confiance en moi-même, se cachait un grand vide. Un désir profond d’être aimé, accepté, reconnu et apprécié. Alors j’utilisais mon humour et mes talents artistiques afin d’attirer l’attention.

Une de mes première vraie blonde avait des livres sur la spiritualité, la méditation, le bien-être/mieux-être. Je me moquais d’elle avec ça. Elle avait une série de livres intitulée : Choisir la joie! et je ne cessais de répéter ça dans l’appartement avec un ton moqueur car pour moi, c’était ridicule d’écrire un livre sur ce sujet. Pour moi, la joie ne se choisissait pas, elle se vivait tout simplement au quotidien.

À cette époque, j’ignorais même la signification des mots “stress” et “anxiété” n’ayant jamais ressenti ce genre de “feeling”.

À l’âge de 27 ans, ça m’a frappé comme un coup de tonnerre!

J’étais dans mon appartement quand j’ai soudainement ressenti un grand vertige. Pour la première fois, j’étais vraiment conscient et je ne pouvais pas faire semblant du contraire. Je me suis senti angoissé face à ma vie et mon avenir, réalisant que je n’avais rien bâti de solide, rien de vraiment réussi ou mené à bon port. Je m’étais éparpillé un peu partout.

Donc dans mon moment de désespoir, j’ai appelé mon meilleur ami. J’avais de la misère à parler. Pour la première fois, j’ai ressenti la fameuse boule sur le sternum. Je lui disais que je n’avais rien de vraiment réalisé à mon goût dans la vie et que ça me faisait “badtripper” de le réaliser. Il me répondait juste de me calmer, qu’il n’y a pas de stress, qu’il faut juste vivre sa vie dans la légèreté, que tout est cool

C’était la naissance de ma conscience éveillée. Un moment charnière de ma vie, mais combien douloureux. À partir de ce moment, ma vie a commencé à vraiment se transformer. Je réalisais qui j’étais, mes patterns, l’image que je proposais aux gens, je réalisais soudainement à quel point ma personnalité ne faisait pas l’unanimité, même loin de là, et tout à coup, ça me faisait vraiment quelque chose. Ça me rendait triste et pourtant, avant, je m’en foutais.

Je me pensais Superman, et pour la première fois, je réalisais que j’étais en réalité Clark Kent!

Je réalisais aussi que ma force intérieure était inexistante. Mes forces étaient dans la parure et l’extériorisation de mes talents, mais sans ça, j’étais plutôt faible. J’avais pourtant le potentiel d’être beaucoup plus!

Un jour, en parlant avec un autre ami qui selon moi, avait beaucoup plus de sagesse que moi, je lui disais qu’un jour, j’aimerais faire des shows dans lesquels je pourrais parler aux gens, et que ce ne soit pas juste de la performance. Laisser un message qui fasse réfléchir, pas juste des tours de magie et de l’humour. Il m’avait répondu :” Si tu veux arriver à faire ça, va falloir que tu vives des affaires, et c’est ton vécu qui va t’amener à pouvoir le faire.”

Alors pas très longtemps après, dans ma voiture (je m’en souviens comme si c’était hier) j’ai demandé à haute voix à l’univers de me faire vivre des affaires afin que ma vie se transforme. J’ai juste oublié un mot important dans ma phrase, j’avais oublié de mentionner que je voulais vivre des affaires “cool”! QUEL OUBLI MAJEUR!

C’est à partir de ce moment que mon calvaire a commencé.

Sur une période de cinq ans, j’ai tout vécu ce que je pouvais imaginer de pire (ou presque). J’ai vécu deux peines d’amour une à la suite de l’autre, j’ai perdu tous mes contrats de magie à un point tel que je ne faisais plus une cenne et que je n’avais même plus le goût de performer. J’ai donc arrêté de faire de la magie pendant un an.

C’est au même moment où Luc langevin a fait son apparition un peu partout à la télé et que tout à coup, tout le monde s’est mis à me parler de lui et à me comparer.

Mon “soi-disant” meilleur ami a couché avec ma blonde. Un jour, après un excès de rage mal contrôlé, j’ai frappé dans un mur et me suis fracturé la jointure du petit doigt de la main droite. Résultat : je ne pouvais plus jouer de Djembe (tam-tam), ce qui était ma seule source de revenus à l’époque.

J’ai accumulé les contraventions de vitesse et de stationnement. Dans une période de deux mois, je me suis fait rentrer dans ma voiture trois fois lorsque celle-ci était stationnée dans ma rue pendant la nuit. (hit & run). Je me suis fait frauder pour un montant de 15 000 $ par une arnaque sur Internet (eh oui, y’a du monde qui se font vraiment pogner par ça et j’en ai fait partie!!! 15 000 piastres quand t’a pas d’argent qui entre, c’est de l’argent en maudit!)

Mon estime de soi était tellement basse et mon taux vibratoire aussi que je passais complètement inaperçu partout où j’allais. J’aime à dire que c’est la période de ma vie où j’étais invisible. À un certain moment, je ne faisais que dormir et pleurer. J’ai vraiment touché le fond.

Un jour, j’ai vu le film sur la vie de Dédé Fortin (le chanteur des Colocs). Si vous ne connaissez pas la fin, je vais vous voler le punch : il se suicide. Ça m’a frappé en pleine face, j’ai pleuré ma vie et… j’ai eu peur, terriblement peur. J’ai réalisé que Dédé était un gars qui me ressemblait énormément : charismatique, talentueux, avec de grands désirs et idéaux, mais ses difficultés à gérer ses relations amoureuses et ses déceptions face à la vie sans demander d’aide ont eu raison de lui.

Il souffrait en silence sans le laisser paraître et le résultat fut désastreux. Je voyais, comprenais et réalisais que j’étais sur le même chemin que lui. J’avais peur quand je réalisais que moi aussi j’avais mal et que je ne savais pas quoi faire. Mes parents avaient peur pour moi et m’appelaient continuellement pour prendre de mes nouvelles. Mon père venait régulièrement me rendre visite à Montréal en partant de Lac-Mégantic, ma ville natale, juste pour s’assurer que j’étais encore en vie et que je n’allais pas faire de niaiseries. Mon monde proche me demandait sans cesse :” mais où est rendu le Sébastien qu’on connaît? Le gars qui faisait toujours le clown et qui riait toujours????” C’est durant ce moment que je devais  choisir la joie et pourtant, je n’arrivais tout simplement pas à le faire.

Un jour, j’ai décidé de faire un “move”. J’imagine que c’est le mince désir de vivre qui me restait qui m’a donné la force de le faire. J’avais entendu Marcel Leboeuf parler du chemin de Compostelle et que ça lui avait fait du bien dans un moment de remise en question, alors je suis allé à ma Caisse demander un prêt de 2 500 $ (parce que je vous rappelle que je n’avais pas une cenne) et je suis parti sur le chemin de Compostelle.

Ce fut le premier “step” de ma reconstruction et ce fut positif. Par la suite, même si j’ai rechuté à plusieurs reprises, j’ai quand même continué à enchaîner les “moves” nécessaires à ma guérison : retraite de méditation Vipassana, changé ma nutrition, voyagé, retourné au gym, faire des séances de guérison ayahuasca, consulté une psychothérapeute extraordinaire, changé mon cercle d’amis…

Je m’étais fait une promesse durant cette période de grande noirceur. Que peu importe la douleur, je ne recourrais jamais à la drogue, l’alcool ou les médicaments afin de m’en sortir et j’ai tenu ma promesse. Alors quand c’était dur, je pleurais, je me confiais, j’écrivais, je criais… mais je n’essayais pas de me désister de ce que j’avais à vivre. Si j’ai pu le faire, tout le monde le peut, il faut juste savoir que quand c’est trop dur, il faut avoir le courage et l’humilité de demander de l’aide car, tout seul, c’est impossible de passer au travers.

J’ai fait autant de changements qu’il était nécessaire afin que finalement, je puisse vivre en harmonie avec qui je suis vraiment et avancer dans la direction de la réalisation de mes rêves. Entre autres, celui d’un jour, faire des spectacles où je parlerais aux gens et les aiderait à travers mes histoires.

MON RÊVE ENFIN RÉALISÉ!

Et voilà que maintenant, Inspire-toi, me propose de parler aux gens, d’écrire pour partager mes pensées et, en le faisant, je réalise le rêve que j’ai eu jadis. Même si, pour y arriver, j’ai dû passer par une dépression intense, le résultat prouve que tout ça avait sa raison d’être.

On ne devient pas un grand guerrier sans passer par de douloureuses batailles et nul ne devient un gagnant sans apprendre à perdre comme il faut. Tout ça, m’aura rempli de la sagesse de l’humilité sachant que ça peut arriver à n’importe qui et que personne n’y est à l’abri.

Aujourd’hui, tout ça fait partie de mon bagage et je suis reconnaissant d’avoir côtoyé la noirceur car maintenant, j’apprécie tellement plus la lumière!

Chapeau bas à vous tous, à bientôt mes amis!

Sébastien Louis XVI

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Showing 5 comments
  • Anne-Julie
    Répondre

    Bravo Sébastien d’être capable de partager ton parcours difficile.
    On est fragile… tellement fragile.
    Bonne chance dans tout mon cher.

    • François Lemay
      Répondre

      Tu as bien raison Anne-Julie…. son partage est super.. on est bien fragile mais solide en même temps..et on a tout en nous pour se réaliser pleinement 🙂

  • Josee bernard
    Répondre

    Bravo pour ton courage et ton humilité!

    • François Lemay
      Répondre

      Merci Josée pour ton commentaire 😉 et ta présence.

  • MarIam
    Répondre

    Bravo. Tout arrive à point à celui qui sait faire face à ses peurs.
    Merci pour le partage.