Pendant près de 30 ans, j’ai cru que la vulnérabilité était un signe de faiblesse et un appel à la douleur. J’avais la certitude que si j’ouvrais mon cœur, je laissais la porte grande ouverte à la possibilité de souffrir.

Combien de fois ai-je entendu au fil de ces années :  « La vulnérabilité est ta plus grande force » mais cela ne faisait jamais de sens pour moi. Je ne comprenais tout simplement pas.

La vulnérabilité était pourtant la première chose que je cherchais chez l’autre et la dernière chose que je voulais montrer. Je la voyais chez les autres comme une marque de courage et d’audace. Cependant, chez moi, ça restait toujours un signe de faiblesse.

J’ai été élevée dans une famille et une culture où être vulnérable était synonyme de danger car se confier était comme de donner une arme à l’autre sans savoir le moment où elle s’en servirait. Par mon éducation, je n’ai pas appris comment faire face aux incertitudes de la vie ni à la façon de suivre mon intuition pour mieux gérer les « supposés risques émotionnels ».

J’ai passé beaucoup d’années à essayer de déjouer la vulnérabilité en essayant de combler mes besoins sans avoir à les exprimer. J’en ai fait des pirouettes pour ne pas me montrer vulnérable !

Ma difficulté à accueillir, à consentir et à vivre dans l’inconfort de la vulnérabilité m’empêchait d’expérimenter des sentiments essentiels qui se vivent dans l’incertitude tels que l’amour, la confiance et la joie pour n’en citer que quelques-uns.

Apprendre et surtout consentir à être vulnérable a été un long et dur combat pour moi.

La vulnérabilité, c’est essentiellement l’incertitude, le risque, le fait de s’exposer émotionnellement dans sa vérité et dans l’authenticité de son être. C’est la capacité de gérer sa tolérance à l’inconfort.

C’est aussi d’être présent, vrai et de consentir à être vu pour qui nous sommes réellement. Cela est particulièrement difficile d’être vulnérable lorsqu’on est terrifié de ce que les gens peuvent voir ou penser de nous.

Lorsqu’on est habité par la peur du jugement ou du rejet et qu’on a cette petite voix à l’intérieur de soi qui nous chuchote ou parfois même qui nous crie : « Tu n’es pas à la hauteur », c’est presqu’impensable de se montrer vulnérable.

C’est certain que lorsqu’on fait face à de l’adversité, il y a une réponse émotionnelle en nous. Et c’est LÀ, exactement à ce moment où vous devez accepter de mariner dans l’inconfort de ce que vous ressentez.

Soyez curieux sur ce que vous vivez. Demandez-vous :  « Qu’est-ce qui se passe en moi ? Qu’est-ce que je ressens réellement ? Qu’est-ce que je choisis de vivre aujourd’hui face à ce que je vis ? »

Il est important de comprendre que cela ne nous vient pas naturellement, c’est vraiment un muscle à développer.

Ayant vécu, comme plusieurs, des périodes difficiles, j’ai dû reconnecter avec ma vulnérabilité pour laisser l’amour et la joie revenir dans mon cœur et dans ma vie.

Pourquoi la vulnérabilité est notre plus grande force?

« Soyez curieux sur ce que vous vivez. Demandez-vous : Qu’est-ce qui se passe en moi ? Qu’est-ce que je ressens réellement ? »

Soyons honnête, n’est-ce pas précisément dans ces moments qu’on peut cultiver le courage et l’audace ?

Ce que je veux dire, c’est que de vouloir vivre dans l’illusion de LA quête, de cet appétit insatiable pour le confort, l’amour et le bonheur ne nous réconcilie pas toujours avec qui nous sommes vraiment.

Parfois, on doit faire des choses difficiles ou faire face à des situations difficiles. Parfois, on doit se permettre de ressentir des émotions qui sont difficiles à vivre.

Lorsque les murs autour de son monde commencent à trembler et qu’on a l’impression que le sol se dérobe sous nos pieds, cela fait habituellement place à un sentiment normal de peur et d’anxiété.

Généralement, la combinaison du tremblement et le sentiment de ne pas savoir quelle direction prendre signifie que la vulnérabilité frappe à notre porte et que l’occasion d’un changement se présente devant nous.

Vouloir éviter la douleur et faire ce qu’il faut pour se protéger est naturel mais impossible parce que lorsqu’on ferme la porte pour nous protéger contre la peur et la douleur, nous la fermons aussi pour recevoir l’amour et la joie.

Par instinct de survie et sans s’en rendre compte, on construit des murs autour de son coeur pour se protéger d’avoir mal, de ressentir la douleur et l’inconfort. Puis, on réalise un jour que ce sont ces mêmes murs, protecteurs au départ, qui nous empêchent de ressentir l’amour et la joie.

Lorsqu’on bloque la porte de son coeur, on bloque aussi l’entrée à plein d’autres sentiments.

Nos sentiments sont les indicateurs de notre état d’être. Ils sont là pour nous permettre d’en apprendre davantage sur soi et pour nous révéler nos besoins et ce qu’on veut vraiment.

C’est dans la vulnérabilité, lorsqu’on laisse tomber les murs autour de notre coeur, que nous pouvons accéder aux sentiments et aux apprentissages afin de s’aligner, de se recentrer et de se connecter à notre force et notre sagesse.

J’ai passé la majeure partie de trois décennies à construire inconsciemment des murs pour me protéger contre ces peurs et insécurités que j’avais connues plus jeune.

La vulnérabilité signifiait des douleurs émotionnelles alors je me suis endurcie en vieillissant. Du point de vue extérieur et professionnellement, j’étais une personne fonctionnelle, heureuse et déterminée.

Les moments de bonheur que je connaissais venait presqu’entièrement de l’extérieur. Lorsque venait le temps de ressentir de l’amour et de la joie simplement pour le fait d’être moi, d’être vivante, d’être qui je suis avec tout l’infini de mon potentiel, il semblait y avoir une déconnexion. J’étais tellement sur mes gardes et dans un état constant de protection, de défensive et de résistance.

Aujourd’hui, je choisis d’être dans mon plein pouvoir et d’avoir mon coeur sur la main, là où il doit être. Cela veut dire que je me permets, le plus possible, d’être vulnérable, d’être dans la résilience face à l’expérience de vie qui est devant moi et de ressentir les émotions afin de trouver le sens plus profond de ce qui, auparavant, m’aurait causé tant de souffrance.

Si nous traversons la vie en prenant la vulnérabilité pour de la faiblesse, ou en construisant des murs pour nous empêcher d’avoir mal, nous sacrifions l’apprentissage de toutes ces expériences. Par conséquent, l’amour, la joie et la liberté d’être continueront de nous sembler hors d’atteinte.

Lorsqu’on ose se montrer vulnérable, tout devient possible puisque notre intention, notre motivation, notre détermination et notre force s’alignent avec qui nous sommes vraiment, et pas avec nos peurs.

Les forces qui ne viennent pas de notre vulnérabilité ne sont que des façades bâties par la peur et l’égo. Elles doivent tomber pour permettre à notre vérité et unicité de rayonner à travers les différentes expériences de la vie.

Aujourd’hui, nous sommes inspirés par les gens qui ont le courage de dire: « J’ai besoin d’aide » ou « J’ai fait une erreur » ou « Je ne peux plus à partir de maintenant définir le succès simplement par mon titre ou un revenu ».

Je peux aujourd’hui attribuer ma déconnexion comme le résultat de ma résistance à ma profonde et réelle nature ainsi qu’à ne pas être ouverte et vulnérable à l’appel d’une meilleure version de moi.

J’ai fait le choix conscient et maintenant cela fait partie de mon évolution quotidienne de choisir d’être consentante à ma vulnérabilité au lieu de la fuir… de me fuir !

Je pensais que pour être forte et puissante, je devais être dure, me battre constamment et mettre des couches protectrices de résistance. Ironie du sort, dans un effort pour être forte, en réalité je donnais mon pouvoir aux autres.


OUI, J’AI FINALEMENT COMPRIS !


Et si vous ne pouvez voir rien de beau en vous, trouvez un meilleur miroir, regardez de plus près, regardez plus longtemps, parce qu’il y a ce quelque chose à l’intérieur de vous qui fait que vous êtes là; que vous faites un pas de plus vers l’avant parce que vous êtes beau, vrai et vivant.

Alors, oui, c’est vraiment en étant soi et vulnérable qu’est notre plus grande force !


Pourquoi la vulnérabilité est notre plus grande force?


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Céline Legault

Céline Legault

L’authenticité est mon leitmotiv et j’ose dire mes couleurs. Je suis une femme de cœur, de tête et d’action, grande et noble. Je n’ai pas peur d’afficher ces côtés de moi. Puisqu’après avoir longtemps vécu dans l’ombre de la violence, je m’en suis sorti, non pas à cause d’une bonne fée, d’une citrouille ou d’une robe étincelante, mais grâce à ma détermination, mon sens de l’humour, ma façon colorée de nommer les choses et ma facilité à dédramatiser ainsi qu’à vulgariser.
Céline Legault

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