Arriver dans le cabanon et défaire la corde accrochée au plafond, cacher tous les couteaux de la maison, faire disparaître tous les médicaments de la pharmacie, découvrir des lettres de départ, avoir un appel disant qu’encore une fois il a voulu mourir… triste réalité mais le quotidien de certains.

Pendant 10 longues années, je l’ai vécu au quotidien.

VIVRE DANS LA CRAINTE CONSTANTE

Toujours vivre dans la crainte que l’autre commette le geste fatidique. Lorsque le tout a débuté, j’étais encore une enfant. Trop jeune pour tout comprendre et en même temps forcée à jouer un rôle d’adulte pour gérer ce drame.

Je ne comprenais pas pourquoi mon papa voulait mourir. Alors, mon cerveau d’enfant faisait des associations complètement illogiques. Et si c’était parce que mes notes n’étaient pas assez bonnes, que je n’étais pas assez bien ou encore parce que je n’étais pas la fille parfaite…

C’est fou comment avec le recul, je me rends compte que je culpabilisais pour des choses qui ne m’appartenaient pas. Quand tu es un enfant, tu es supposé jouer, pas gérer des drames familiaux. J’aurais aimé qu’on me dise les vraies choses plutôt que de m’imaginer plein de scénarios. Tant qu’à me voler mon enfance aussi bien me dire pourquoi.

Plus les années passaient, plus la peur s’installait. Et si la prochaine fois, c’était la bonne? Et si cette fois-ci je n’arrivais pas temps? J’ai fini par vivre ma vie à travers la sienne. L’inquiétude me rongeait sans cesse. J’avais beau poser toutes les actions, rien ne semblait fonctionner.

Étant enfant unique, suite au décès de ma mère, je sentais une pression énorme face à la détresse de mon père. Je voulais le sauver alors que lui ne semblait pas le vouloir. Dès qu’il ne retournait pas mon appel, instinctivement je me demandais s’il l’avait encore fait.

LA DÉTRESSE DE L’AUTRE LUI APPARTIENT

Ce n’est pas une vie de vouloir sauver l’autre car on s’oublie et on risque de passer à côté de la nôtre. La tristesse de l’autre, peu importe qui il est, lui appartient. Nous n’avons pas à la vivre pour lui. Vivre avec quelqu’un qui veut mourir, ce n’est pas une chose évidente. C’est une épreuve à tous les jours.

La journée où j’ai compris que je ne pourrais pas le sauver malgré toutes mes actions a été un moment décisif de ma vie.

Il venait d’être hospitalisé suite à une autre tentative. Je suis entrée dans sa chambre et je lui ai dit : j’en ai assez, la prochaine fois, appelle quelqu’un d’autre, moi je ne suis plus capable. C’est une partie de moi qui meurt à chaque fois et moi je ne veux pas mourir. Je te redonne ce qui t’appartient.

Nous avons pleuré tous les deux. Je lui ai redonné son pouvoir. C’est seulement là qu’il a réalisé l’ampleur de l’impact de ses actions dans ma vie et qu’il a décidé de se prendre en main.

Pour toutes les personnes qui vivent ce quotidien,

N’OUBLIEZ JAMAIS

Que la personne la plus importante dans votre vie,

C’EST VOUS!

Nathalie Locas

Nathalie Locas

Enseignante Académie Kaizen chez Académie Kaizen
Maman, enseignante de yoga et passionnée de la vie, j’aime partager mes découvertes et mes prises de conscience.Au travers de mes textes, je vous ouvre mon cœur en toute simplicité afin de vous faire connaître mon univers.
Nathalie Locas

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Comments
  • Bich-Tien
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    Merci infiniment pour votre partage